Cronaca della controversa Traviata parigina messa in scena da Christoph Marthaler a Palais Garnier.
Quelques lignes pour faire partager mon bonheur d'avoir assisté à La traviata de Marthaler mardi soir.

Une traviata enfantine dans un monde de (presque) grand
Le « presque » vient de José Van Damme qui a été le plus mauvais des chanteurs de cette soirée. Aucune interprétation, aucune gravité dans son personnage du père et des fausses notes à la volée. Une vraie déception.
Mais heureusement pour lui, il se fait très largement voler la vedette par un Alfredo (Jonas Kaufmann) absolument incroyable, et une Violetta (Christine Schäfer) très émotionnelle.
Kaufmann chante vraiment bien. Dans toutes les positions : couché, porté, allongé, à l'envers. Il était extrĂŞmement mobile sur scène avec une énergie de jeune premier. Schäfer, elle avait une voix très marquante. Quelque chose de très rond dans le timbre et surtout au delà de cette voix assez surprenante au premier abord, une très bonne interprétation. Quelques notes pâtissent de cette émotion dans la voix, mais ne gâche rien au final.
Enfin, la présence de ces fortes personnalités cadre parfaitement dans une mise en scène marthalerienne. L'art du tout, du second plan, de l'action éparpillé, et l'occasion de donner aux chanteurs une vraie place dans une scène au décor épuré.
Mais ce que j'aime aussi et surtout chez Marthaler ce sont les détails. Le détail du spectacle qui résume si bien la Traviata et qui représente un certain génie de Marthaler, ce sont les chaussures portées par Violetta. Des talons compensés avec lesquelles il est impossible d'avoir une vraie démarche. On y retrouve alors une Violetta presque enfantine, ayant enfilé des chaussures vraiment pas faites pour elle.
Ca s'appelle le génie du metteur en scène pour résumer en un détail, toute l'histoire de cette femme dans un monde inadapté : une pute dans la bourgeoisie locale, ou une malade en un temps de carnaval.
Excellent début, Julien!