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Meditazioni su una Thaïs parigina

In tempi di vacche magre per questo povero blog, volentieri postiamo una corrispondenza ricevuta da un amico parigino sulla Thaïs di Jules Massenet andata in scena in forma di concerto al Théâtre du Châtelet lunedì scorso.

Sur le genre, d'abord.
A mon sens non-négligeable et même parfois inspiré (cf Manon) mais, sans en être grand connaisseur, Massenet me donne irrésistiblement envie d'ouvrir les fenêtres. C'est particulièrement le cas dans cet oeuvre qui allie un sensualisme assez lourd à une religiosité sulpicienne, un breuvage fort apprécié fin 19ème mais que je trouve indigeste sinon suspect.

L'oeuvre, donc.
L'action se déroule au 4ème siècle. Athanaël curieusement transformé en Nathanaël dans les sur-titres du Châtelet-, moine cénobite, se met en tête de "libérer" Alexandrie du stupre où elle est plongée et à cette fin de ramener Thaïs, "prétresse de Vénus" (!) dans le droit chemin (mon interprétation: sa libido travaille le brave garçon). Il va pour cela se faire inviter chez un de ses amis noceurs -Nicias- pour rencontrer la belle, qui est justement la maîtrese très provisoire d'Alcias, et la convertir (mon interprétation: tendance au voyeurisme), ce qu'il fait en un tournemain (intéressant parallèle entre la consultation par Thaîs de son miroir -"Vénus, dis-moi que je serai toujours belle" - et l'éternité promise par Nathanaël qui ne se prive pas au passge d'humilier copieusement l'hétaïre) . Il la conduit ensuite dans un couvent dans le désert (belle scène de halte dans une oasis où l'on commence à mieux comprendre que le désir d'humiliatiation de celle qu'il appelle "ma soeur" -et qui lui répond "mon père"!- est destiné en fait à le protéger d'un sentiment contraire à la règle monastique). Après l'avoir laissée là, Nathanaël regagne sa tanière mais ne tarde pas à se rendre compte de la nature très charnelle de son inclination. Lorsqu'il revient au couvent, trois mois après y avoir laissé Thaïs, il est déjà trop tard: à force de prières et d'auto-humiliation (Quelle idiote! Mais n'est-il pas fatal -y compris au sens premier- que l'élève s'efforce à dépasser le maître?), Thaïs est mourante; satisfaite d'avoir racheté ses "péchés", elle ne comprend rien aux déclarations enflammées de Nathanaël. Voilà, c'est tarte au possible; on peut aussi dire que c'est la rencontre d'une hystérique -cf plus bas- et d'un névrosé. Mais il est amusant de constater que le livret s'inspire d' Anatole France: je n'ai pas lu le roman mais je me serais attendu à ce que le "compagnon de route " fasse prévaloir la matière sur l'esprit; il est vrai que l'oeuvre est peut-être antérieure à la propre conversion d'Anatole.

La représentation, enfin.
Renée Fleming (Thaïs) avait déplacé les foules. Par ma part, je l'ai toujours trouvé assez froide et si sa voix convient bien au rôle de Thaïs par sa luxuriance et son moelleux, le registre est à mon sens trop bas (Renée Doria et Beverly Sills, qui ont enregistré des versions de référence, chantent nettement plus haut). Elle nous a néanmoins gratifiés, comme toujours, de merveilleuses notes filées, ne se montrant pleinement convaicante dans son personnage que dans deux scènes où elle faisait nettement ressortir le penchant hystérique de Thaïs: la scène de la conversion et celle finale. Or, c'est un aspect essentiel du livret, sans lequel on ne pourrait notamment pas comprendre la rapidité de la conversion: il faut que celle-ci réponde à une incapacité profonde du personnage à s'accepter pour ce qu'il est (de manière significarive, Thaïs chante, lors de sa conversion, que les hommes sont brutaux et les femmes méchantes; il est vrai qu'elle a raison sur le premier point mais c'est le deuxième qui est révélateur). Gerald Finley (Nathanaël) était par contre convaicant de bout en bout dans son personnage torturé, grâce aussi à une très belle projection et malgré quelques intonations un peu dures. Fabrice Dalis (Nicias) remplaçait Barry Banks au pied levé et il est probable que le public a beaucoup perdu au change; je n'ai pas entendu BB récemment mais ce pauvre FD n'a pas du tout la voix du rôle et il nous a infligé quelques moments douloureux. Dans les rôles moins importants, à noter une délicieuse Crobyle aux aigus percutants (Marie Devellereau dont j'ai du mal à comprendre qu'elle ne fasse pas une plus belle carrière) et la jeune et charmante "Charmeuse" (Rebecca Bottone, toutefois plus mezzo que colorature comme le voudrait le rôle). Direction efficace mais sans génie de Christoph Eschenbach; honnête prestation de l'Orchestre de Paris et du choeur Accentus.

En bref, l'occasion d'entendre en "live" une oeuvre rarement jouée aujourd'hui bien que très populaire en son temps mais pas une soirée inoubliable.

Merci, Christian!

A complemento, un'altra Thaïs (un po'meno di lusso...) sarà ripresa nella produzione di Pier Luigi Pizzi (di cui esiste anche un DVD Dynamic) al Teatro Malibran per il programma del Teatro La Fenice il prossimo novembre.

Un estratto:

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