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To fly or to «brundlefly»?

Cronaca di The Fly di Howard Shore dal nostro corrispondente parigino.

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To fly or to «brundlefly»? 

Adaptation par son réalisateur – David Cronenbergd’un film culte du cinéma fantastique, commanditée et dirigée par une légende vivante de l’art lyrique, –Placido Domingo–, « the Fly » avait ce qu’il fallait pour attirer au Châtelet un nouveau public, plus jeune et moins attaché à la tradition, selon les vœux de Jean-Luc Choplin, son directeur général. Les intentions des principaux protagonistes étaient aussi les meilleures. Dans un dossier consacré à l’œuvre par « Opéra Magazine » dans son numéro de juin 2008, Placido Domingo déclare à propos d’Howard Shore dont c’est le premier opéra : « après avoir écouté les bandes-son de Lord of the Rings et The Fly, j’ai su d’emblée qu’il était fait pour composer un opéra » et ce dernier fait chorus avec David Cronenberg selon qui le film avait « quelque chose de théâtral dans sa structure : trois personnages principaux dans un décor unique, poussés à des émotions extrêmes ». Et de poursuivre : « Je ne voulais surtout pas réaliser un remake du film, en me contentant de le transposer paresseusement à la scène ».

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De fait, le réalisateur et le compositeur ont fait appel à David Henry Hwang pour écrire un livret nouveau, la musique, elle aussi est nouvelle, n’utilisant que très peu de citations de la bande-son et la mise en scène –pour une fois !– ne recourt pas à des projections vidéo. Est-ce à dire que, pour reprendre la question très justement posée par Pierre Cadars dans le même dossier, on assiste à une « simple téléportation ou (à une) fusion d’un nouveau type » (entre cinéma et opéra, de même qu’entre Seth Brundle et la mouche, donnant ainsi naissance au néologisme créé par le héros : « Brundlefly ») ? Peine perdue. A l’audition, il faut bien se rendre à l’évidence : « The Fly » does not fly et le spectateur s’ennuie plus d’une fois. Comment rendre compte de ce que l’on peut considérer comme un échec ?

thefly_chatelet03_476Sans doute est-ce que, dans l’univers musical comme dans l’univers sociétal, la consanguinité nuit. De fait, la familiarité n’est pas celle que l’on s’attendrait à trouver et on ne la trouve pas là où l’on voudrait. Le livret «nouveau » colle au script, ce qui donne un texte très bavard. La mise en scène et les costumes –ces derniers de la sœur du metteur en scène !– effectuent certes une transposition des années 1950 aux années 1980, mais il s’agit d’un clin d’œil au  film de Kurt Neumann sorti en 1958, déjà inspiré du roman de George Langelaan. Enfin, conséquence sans doute du manque de familiarité du compositeur avec le genre opératique ou la partition ne s’accorde pas à un univers où le langage musical doit suffire à caractériser les personnages et leurs émotions. La musique s’étire pendant plus de deux heures en longues nappes sonores, n’atteignant quelque intensité que dans le deuxième acte, tandis que dans la fosse, Placido Domingo semble s’efforcer, à force de décibels, de donner du tonus à une partition assez anémique et que sur le plateau le chant reste le plus souvent plat. Seuls les affects les plus élémentaires nous sont communiqués : brutalité de Seth lorsque sa transformation en mouche s’amorce, répugnance de Veronica devant cette transformation, concupiscence et volonté de domination de Stathis Borans, le rédacteur en chef de Veronica, vis-à-vis de celle-ci. Encore cette communication s’effectue-t-elle davantage par le truchement de la direction d’acteurs de David Cronenberg que par celle du matériau musical. L’approche réductrice du compositeur s’oppose à une véritable progression de l’action et le personnage qui en souffre le plus est celui de Veronica. Dans le film, on la voit évoluer d’une logique de calcul – celle d’un reporter à l’affût du scoop– à une admiration teintée de tendresse devant le génie et la vulnérabilité de Seth, puis à la passion amoureuse et enfin à la compassion. Dans l’opéra, elle apparaît comme le jouet des événements. En outre, Ruxandra Donose a une voix légèrement voilée, à la différence de Daniel Okulitch en Seth Brundle et de Daniel Curry en Stathis Borans qui bénéficient, surtout le premier, d’un timbre clair.

Le décor unique mais évolutif de Dante Feretti est bien planté : le loft de Seth est encadré par les deux « pods » entre lesquels  les téléportations s’effectuent ; le bureau de Stathis occupe le côté cour ; le loft se transforme en bar lors de la scène où Seth va défaire Marky lors d’une partie de bras de fer et ainsi « gagner » sa partenaire Tawny. Confiés à  Stephan Dupuis, les maquillages –transformation de Seth– sont très réussis et les effets spéciaux –la mouche escaladant les praticables– spectaculaires. L’orchestre Philharmonique de Radio France tire son épingle du jeu. Tout cela ne suffit pas à faire de cette création mondiale un spectacle mémorable. (cp)

Un minidocumentario delle prove e della conferenza stampa di David Cronenberg.

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